30.08.2007
MEDEF cherche compagnons de jeu
Hier débutait sur le campus HEC de Jouy-en-Josas la 9ème université d’été du Mouvement des Entreprises de France.
Le thème : "Jouer le jeu". Quel jeu ? Celui de la mondialisation néo-libérale. L’économie serait ainsi un vaste terrain de jeu. Et tous les laissés-pour-compte, de mauvais joueurs ? Parmi lesquels, de mauvais perdants ?
Quel est l’objet de ce rendez-vous de la "toute-puissance patronale" (sic) ? Toujours le même : faire pression sur les syndicats et l’opinion publique afin qu’ils comprennent que "pour être en bonne santé, la France doit développer une politique générale de l’offre, en stimulant la production par une baisse significative de la pression fiscale et sociale" déclarait hier Laurence Parisot au journal "Les Echos". Nicolas Sarkozy, qui sera le premier président de la République à se rendre à un tel rassemblement, n’a lui pas besoin d’être convaincu. Il est leur ultime représentant.
Toujours le même chantage, toujours les mêmes recettes idéologiques : moins d’impôts, plus de compétitivité, plus de croissance, moins de chômage. L’impôt sur les sociétés sur la période 1991 -2007 est passé de 42% à 33.33% - une baisse de plus de 20%. Les classes possédantes voudraient que ce mouvement se poursuive et qu’il s’applique également aux cotisations sociales patronales. Leurs représentants feignent de vouloir lutter contre le chômage et les délocalisations, s’ils le voulaient réellement, ils auraient – selon leur propre raisonnement - commencé par diminuer les cotisations sociales. Il s’agit en réalité plus simplement d’augmenter la rentabilité du capital et par là de satisfaire toujours davantage leurs seuls intérêts de classe.
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L’ifop : une entreprise exemplaire
- Bon nombre d'employés sous contrat précaire : CDD, vacataires et stagiaires.
- Depuis peu, l’entreprise sous-traite une partie de ses terrains téléphoniques à Rabat, là où le personnel est beaucoup plus "joueurs".
- Une présidente invisible : élue le 5 juillet 2005, Laurence Parisot avait quitté ses salariés en leur promettant de venir régulièrement les rencontrer. Depuis : rien. Elle revient bien régulièrement dans les locaux mais les seules personnes bien perceptibles sont ses gardes du corps.
- Un mobilier "Ifop Déco" à coût réduit en triste état : un salarié a déjà manqué de se prendre une applique murale sur le coin de la figure, des bureaux - faits de quelques tubes d’acier, de planches de bois et de plaques d’inox pas toujours bien ajustés - dont il est parfois difficile d’utiliser les tiroirs. A côté de ça, "Laurence" dispose d’un bureau (ci-dessus) d’un autre niveau – sans être pour autant de très bon goût : des chaises désignées par Philippe Stark, des toiles d’artistes contemporains ainsi qu’une moquette confectionnée à partir d’un motif floral fourni par la présidente, une moquette sur laquelle se concentre toutes les aigreurs du personnel.
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29.08.2007
Syndicats : nouveau coup de bluff de Sarkozy
En poursuite de ses "rendez-vous réguliers" avec les syndicats qu’il avait débutés avant même d’être intronisé, Nicolas Sarkozy recevait lundi Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, troisième syndicat français.
Communiqué de l’Elysée :
"Ce fut un débat constructif entre deux hommes qui se connaissent et qui a permis d'enregistrer un certain nombre de convergences. Pour ce qui est de la question des valeurs et missions du service public, le Président et Jean-Claude MAILLY se sont accordés sur le fait que, au-delà de la Conférence prévue fin septembre, entre l'Etat et les syndicats de la Fonction publique, il y ait un débat élargi aux grandes confédérations et à toutes les parties intéressées par les valeurs et les missions du service public. Le Président de la République a enregistré l'opposition traditionnelle de Force ouvrière à la franchise médicale que Jean-Claude MAILLY a réitérée. Sur les autres sujets, il n'y a pas eu de divergence notable, notamment sur le pouvoir d'achat, sur l'emploi et les conditions de travail."
Alors :
- En accord sur la programmation d’une concertation sur les services publics.
- Opposition « traditionnelle » sur les franchises médicales, l’adjectif traditionnelle attribuant habilement la responsabilité du désaccord au le leader syndical.
- Aucune divergence donc notable sur le pouvoir d’achat, l’emploi et les conditions de travail.
Etonnant.
Réaction du syndicat :
"De cette version [élyséenne], Jean-Claude Mailly n’a confirmé qu’un seul point : amorcer "une discussion approfondie sur les missions de service public". Pour le reste, "nous n'avons pas parlé des conditions de travail et l’on ne peut pas dire que nous soyons d'accords sur le pouvoir d'achat."
Il était annoncé que la volonté de Nicolas Sarkozy de faire coûte que coûte ce qu’il a dit associée à celle de concerter tous azimuts produiraient quelques couacs. Ils se poursuivent. Ce matin, au tour de Bernard Thibault.
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28.08.2007
Opinion publique : sondages et réalité
61% le jeudi pour Ipsos, 69% le dimanche pour l’Ifop ; -5 points d’un mois sur l’autre pour l’un, +3 points sur la même période pour l’autre : le sondage est toujours un "outil de connaissance (scientifique) de l’opinion" et la cote de popularité de Nicolas Sarkozy, toujours "record".
Ce lundi, un sondage TNS Sofres faisait la une du Figaro. Toujours plus fort, les questions posées. Des questions sans réponse : êtes-vous satisfait par l’action de Nicolas Sarkozy tant en matière de politique étrangère que de politiques intérieures ? Qui peut aujourd’hui juger de l’action de Nicolas Sarkozy après quatre mois de gesticulations, de lancement de "pistes de réflexion" et autant d’effets d’annonce et de lois votées mais toujours pas appliquées ?
Ainsi, appréhender l’opinion publique au moyen de ces sondages, il n’y a que ceux qui en font une exploitation commerciale et idéologique pour le faire. Ces sondages n’ont aucune valeur. 1, ils ne sont pas fiables : on vient de le voir avec ces deux sondages Ipsos et Ifop en complète contradiction. S’il fallait s’en convaincre davantage, un résultat du dernier TNS Sofres : 74% des personnes interrogées jugent Nicolas Sarkozy "démagogique" mais, dans le même temps, ils sont aussi 69% à le considérer "sincère". Allô Brice ? 2, ils mesurent la satisfaction à l’égard de Nicolas Sarkozy alors que rien encore ne permet réellement de l’établir.
Pas fiables et sans objet, voilà ce que donnent les commentaires : pour Brice Teinturier (TNS Sofres), "on constate les effets de l’ouverture", pour Federico Vagas (Ipsos), "l’effet de l’ouverture s’estompe". Ils seraient drôles s’ils ne faisaient pas la une des journaux.
Allons donc au-delà. Comme tous les présidents fraîchement élus, une majorité de Français ont pour l’heure une opinion (ou plutôt, pour beaucoup, une impression) positive de Nicolas Sarkozy. Quelles raisons à cela ?
- Une majorité de Français l’a élu. Les attitudes s’accordent aux comportements.
- Le style de Nicolas Sarkozy : proximité, franc-parler, cassage des codes, volontarisme et activisme. Des dimensions qui correspondent à n’en pas douter aux aspirations de cette majorité.
- L’espoir qu’a fait naître Nicolas Sarkozy au moyen de son programme présenté comme salvateur n’a pas encore eu l’occasion de se confronter à la réalité de ses mesures.
- La démagogie dont il fait preuve en réagissant instantanément aux sujets de l’actualité qui s’y prêtent ne peut que faire mouche auprès de l’opinion publique dans son état actuel.
Mais ce que les chantres de la Sarkozye appellent l’état de grâce ne va pas durer. Oh non. Nous allons assister dans les 12 prochains mois à un renversement complet de l’opinion publique. Pourquoi ?
Tout simplement parce que cette majorité de Français remplie d’espoir va s’apercevoir au fil des mois que les mesures de Nicolas Sarkozy n’ont pas résolu leurs problèmes : pour l’essentiel, chômage/précarité et baisse perçue du pouvoir d’achat (selon l’INSEE et leur calcul opportun – dont l’exclusion des prix de l’immobilier – il augmente).
Ce renversement va être d’autant plus ample et brutal que l’espoir est aujourd’hui important, que Sarkozy est omniprésent et qu’en plus de toutes les autres, Nicolas Sarkozy a martelé la promesse suivante : "je ne vous mentirai(s) pas". Une véritable trahison.
Mais nous n’en sommes pas là. Et dès aujourd’hui, l’existence d’une partie plus ou moins réfractaire de la population à Nicolas Sarkozy est évidente. On peut s’attendre à une rentrée particulièrement chargée en manifestations (sportives). Elles feront l’objet d’un développement très prochainement.
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